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Hier soir, nous avons pris le temps d’éclairer nos perspectives sur le monde qui vient. Innovations technologiques, transformations de nos territoires, nouveaux imaginaires : « Lumières sur le futur » n’était pas une conférence comme les autres, mais un véritable temps suspendu pour prendre de la hauteur sur ce que nous pouvons et voulons changer pour demain.

Deux intervenants, deux regards complémentaires : Gilles Moreau et Timothée Silvestre. Retour sur une soirée dense en idées.

Imaginer avant d’inventer

Gilles a ouvert la soirée en nous emmenant en 2040, sur les transformations profondes que va connaître notre territoire. Mais plutôt que de dérouler une liste de prévisions, il a choisi un angle plus singulier : celui de la fiction et de l’imaginaire comme outils pour anticiper l’avenir.

Sa thèse est simple, mais puissante : les auteurs, réalisateurs et créateurs qui imaginent aujourd’hui le monde de demain finissent, d’une certaine manière, par orienter nos évolutions réelles.

La fiction ne se contente pas de décrire un futur possible, elle contribue à le façonner.

Pour illustrer son propos, Gilles s’est appuyé sur le mouvement solarpunk, cette esthétique et cette philosophie qui imaginent un futur où technologie et nature ne s’opposent plus, mais avancent main dans la main. À l’inverse des imaginaires dystopiques qui dominent souvent la science-fiction contemporaine (on pense aux univers post-apocalyptiques façon Mad Max), le solarpunk propose une alternative désirable : des villes reverdies, une technologie mise au service du vivant plutôt que de sa domination.

Cette approche par l’imaginaire invite à une question simple mais essentielle : quels récits voulons-nous raconter aujourd’hui pour construire le monde que nous voulons demain ?

Les grandes tendances technologiques déjà à l’œuvre

Timothée a pris le relais avec un panorama plus ancré dans le présent, balayant les tendances technologiques qui émergent déjà et qui vont structurer les années à venir.

🤖 L’après-donnée : de l’intelligence artificielle à la robotique.

Un constat frappant a ouvert son intervention : nous touchons aujourd’hui les limites de la donnée disponible sur internet. L’extension naturelle de l’intelligence artificielle devient donc l’appréhension du monde physique, c’est-à-dire la robotique. Un défi technique majeur reste cependant à résoudre : le refroidissement des moteurs, un problème qui freine encore le développement de robots plus performants. Et derrière l’idée reçue selon laquelle un futur robotisé pour la guerre (par exemple) ne serait « pas désirable », une question reste ouverte : en sommes-nous vraiment si loin ?

La donne énergétique et les data centers.

Autre tendance forte : la convergence entre les acteurs du numérique et ceux de l’énergie. Le stockage de l’énergie se développe rapidement, condition indispensable pour accompagner cette révolution numérique. À noter, à titre d’anecdote révélatrice des limites physiques encore présentes : l’idée de data centers dans l’espace, un temps évoquée, reste aujourd’hui tout simplement impossible techniquement. Mais certains acteurs travaillent toujours sur le sujet avec l’ambition de réduction des coûts et d’envoi des charges lourdes dans l’espace. A des horizons pas si lointains, cette possibilité verra-t-elle le jour ?

🌱Repenser la technologie de façon durable.

Timothée a insisté sur la nécessité de repenser nos usages technologiques dans une logique de durabilité : jumeaux numériques, circularité, rétro-ingénierie pour réduire l’intensité technologique de certains services. Des exemples concrets illustrent déjà cette direction : les « sponge cities » en Chine, conçues pour absorber les excès d’eau lors des épisodes climatiques extrêmes ; ou encore une nouvelle façon de penser le bâtiment, où l’on imagine dès la conception les conditions de son démontage et de son réemploi en fin de vie.

NB : on a noté ici le parallèle avec les investissements qui tendent de plus en plus vers des technologies frugales (cf notre article retour sur Vivatech)

⚕️Les frontières repoussées de la recherche.

Enfin, certaines innovations plus expérimentales ont marqué les esprits : une startup suisse qui travaille sur un ordinateur à partir d’organoïdes, des mini-cerveaux issus de cellules humaines… A noter aussi qu’aux États-Unis, la recherche anti-âge continue d’avancer à grands pas. Dans le domaine agricole, le vertical farming et de nouveaux systèmes de production visent à augmenter les rendements. Autant de pistes qui, ensemble, redessinent les contours du possible.

La conclusion qui a marqué la soirée : trouver le bon équilibre

Au-delà de leurs approches différentes, Gilles et Timothée ont convergé vers une même conclusion, celle qui restera sans doute la plus marquante de cette soirée : low tech et high tech ne doivent pas s’opposer, elles peuvent être complémentaires.

Il ne s’agit pas de choisir un camp, mais de trouver le bon équilibre :

« La bonne technologie, au bon endroit, au bon moment ».

Une conviction qui invite à sortir des postures binaires souvent adoptées face aux enjeux technologiques et écologiques, pour privilégier une approche plus nuancée et plus pragmatique.

Une soirée pensée pour laisser une trace

Cette soirée ne s’est pas limitée qu’aux interventions. Marie-Laure Helme, notre facilitatrice (Souris La Vie), a suivi la conférence en direct pour en dessiner l’essentiel sous forme de fresque visuelle. Une trace vivante que les participants ont pu venir compléter ensuite avec leurs propres idées et réflexions pendant le temps du cocktail, préparé par Dolcezza Traiteur autour du thème du futur.

Et maintenant ?

Cette soirée nous laisse avec plus de questions que de certitudes, et c’est sans doute tant mieux. Entre les imaginaires que nous choisissons de nourrir et les technologies que nous choisissons de déployer, l’avenir reste largement entre nos mains.

Alors, à notre tour de vous la poser : quel futur vous rendrait heureux ?

BIBLIOGRAPHIE (recommandation de lectures par Gilles Moreau) :

Histoires de moine et de robot de Becky Chambers

La Vie est à nous de Hadrien Klent

Le ministère du Futur de Kim Stanley

Eotopia de Ernest Callenbach

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